Simulateur passage de micro-entreprise à une société 2026

Comparez les scénarios micro-entrepreneur, EURL et SASU selon vos revenus, charges et objectifs de rémunération. Calcul du net en poche et identification du statut le plus avantageux pour 2026.

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Description

Le simulateur de passage de micro-entreprise à une société 2026 est un outil gratuit qui vous permet de comparer votre situation actuelle en micro-entrepreneur avec deux structures de société : l'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) et la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle), toutes deux à l'Impôt sur les Sociétés (IS).

Cet outil calcule précisément votre revenu net en poche annuel et mensuel dans chaque scénario, en tenant compte de vos charges réelles déductibles, de vos investissements, de votre stratégie de rémunération (salaire + dividendes), et de votre situation fiscale personnelle. Il prend en compte les spécificités de chaque statut : cotisations sociales micro-entrepreneur (avec ou sans ACRE), cotisations TNS pour l'EURL, cotisations assimilé salarié pour la SASU, impôt sur les sociétés, PFU sur les dividendes, et la règle des 10% pour l'EURL.

Le simulateur vous indique clairement quel statut est le plus avantageux pour vous en 2026, ainsi que le gain potentiel en euros si vous passez en société. Il détecte automatiquement les dépassements de plafonds micro-entrepreneur et de seuils de TVA, et calcule la TVA récupérable en société (trésorerie).

Comment faire

Étape 1 : Renseigner votre activité et votre CA

Sélectionnez votre type d'activité :

  • Vente de marchandises : commerce de biens tangibles, e-commerce
  • Prestations de services BIC : services commerciaux ou artisanaux
  • Professions libérales BNC : consultants, graphistes, formateurs, etc.

Indiquez votre chiffre d'affaires HT annuel prévisionnel ou actuel.

Étape 2 : Saisir vos charges réelles déductibles

En société, vous pouvez déduire vos charges professionnelles réelles, contrairement à la micro-entreprise (abattement forfaitaire uniquement).

Distinguez :

  • Charges HT sans TVA : salaires (hors dirigeant), assurances, frais bancaires, etc.
  • Charges HT avec TVA : logiciels, sous-traitance, fournitures, marketing, etc.
  • Taux de TVA moyen sur vos dépenses (généralement 20%)

Étape 3 : Ajouter vos investissements (optionnel)

Si vous prévoyez des investissements (matériel, mobilier, équipements), renseignez :

  • Le montant HT avec TVA récupérable
  • Le taux de TVA (généralement 20%)
  • La durée d'amortissement (3, 5, 7 ans selon le type de bien)

Les investissements réduisent le résultat imposable en société via l'amortissement.

Étape 4 : Choisir votre stratégie de rémunération

Deux modes :

Mode 1 – Objectif net en poche :

  • Saisissez le revenu net annuel que vous souhaitez vous verser
  • Le simulateur calcule automatiquement la répartition salaire/dividendes optimale

Mode 2 – Rémunération manuelle :

  • Choisissez vous-même votre salaire net annuel
  • Choisissez le montant de dividendes bruts que vous souhaitez distribuer
  • Utile pour tester des stratégies spécifiques

Étape 5 : Préciser votre situation fiscale

Indiquez votre tranche marginale d'imposition (TMI) actuelle ou prévisionnelle :

  • 0% : non imposable
  • 11% : revenus modestes
  • 30% : revenus moyens
  • 41% ou 45% : revenus élevés

Cette information sert au calcul de l'impôt en micro-entreprise (si pas de versement libératoire) et à l'évaluation globale.

Étape 6 : Cocher vos options micro

Si vous êtes actuellement en micro-entrepreneur ou envisagez de le rester, cochez :

  • ACRE : si vous bénéficiez de la réduction de 50% des cotisations pendant 12 mois
  • Versement libératoire : si vous avez opté pour ce mode de paiement de l'impôt

Étape 7 : Renseigner le capital social EURL (règle des 10%)

Pour l'EURL, les dividendes au-delà de 10% du capital social + primes d'émission + compte courant d'associé sont soumis aux cotisations sociales TNS.

Renseignez :

  • Capital social (minimum 1 €, souvent 1000 à 10 000 €)
  • Primes d'émission (apports en capital au-delà de la valeur nominale)
  • Compte courant d'associé (argent prêté à la société)

Étape 8 : Lancer la comparaison

Cliquez sur « Comparer les scénarios ». Le résultat s'affiche en quelques instants avec :

  • Trois colonnes : Micro-entrepreneur, EURL à l'IS, SASU à l'IS
  • Net en poche annuel et mensuel pour chaque scénario
  • Détail des cotisations, impôts et charges pour chaque statut
  • Identification du meilleur statut (encadré vert)
  • Analyse comparative : gain potentiel en passant en société, % de charges réelles
  • Alertes : dépassement plafonds micro, seuils TVA

Exemples

Exemple 1 : Consultant BNC avec charges moyennes

  • Activité : Profession libérale BNC
  • CA HT annuel : 60 000 €
  • Charges HT sans TVA : 5 000 € (assurance, banque)
  • Charges HT avec TVA : 8 000 € (logiciels, marketing)
  • Investissements : 3 000 € (ordinateur, bureau) sur 3 ans
  • Objectif net en poche : 35 000 €
  • TMI : 30%
  • ACRE : non
  • Versement libératoire : non

Résultat micro :

  • Cotisations : 12 660 € (21,1%)
  • CFP : 120 €
  • Impôt estimé : ~7 920 € (base imposable 39 600 € après abattement 34%)
  • Net en poche : ~39 300 €

Résultat EURL :

  • Salaire net : 24 500 €
  • Dividendes nets : ~12 500 €
  • TVA récupérable : 2 200 € (trésorerie)
  • Net en poche : ~37 000 €

Résultat SASU :

  • Salaire net : 24 500 €
  • Dividendes nets : ~13 000 €
  • TVA récupérable : 2 200 €
  • Net en poche : ~37 500 €

Analyse : Dans ce cas, la micro-entreprise reste légèrement plus avantageuse, mais l'écart est faible. Avec des charges plus élevées, la société deviendrait intéressante.

Exemple 2 : E-commerce avec charges élevées et ACRE

  • Activité : Vente de marchandises
  • CA HT annuel : 100 000 €
  • Charges HT sans TVA : 10 000 € (assurance, banque, logistique)
  • Charges HT avec TVA : 35 000 € (achats marchandises, publicité)
  • Investissements : 10 000 € (stock initial, matériel) sur 5 ans
  • Objectif net en poche : 40 000 €
  • TMI : 30%
  • ACRE : oui
  • Versement libératoire : oui

Résultat micro :

  • Cotisations : 6 150 € (6,15% avec ACRE)
  • CFP : 100 €
  • Impôt (versement libératoire) : 1 000 €
  • Net en poche : ~92 750 €

Résultat EURL :

  • Salaire net : 28 000 €
  • Dividendes nets : ~18 000 €
  • TVA récupérable : 9 000 € (trésorerie)
  • Net en poche : ~46 000 €

Résultat SASU :

  • Salaire net : 28 000 €
  • Dividendes nets : ~19 500 €
  • TVA récupérable : 9 000 €
  • Net en poche : ~47 500 €

Analyse : Avec l'ACRE, la micro est très avantageuse temporairement (12 mois). Après la fin de l'ACRE, la société devient nettement plus intéressante grâce à la déduction des charges réelles élevées et à la récupération de TVA.

Exemple 3 : Prestataire de services avec rémunération manuelle

  • Activité : Prestations de services BIC
  • CA HT annuel : 75 000 €
  • Charges HT sans TVA : 8 000 €
  • Charges HT avec TVA : 12 000 €
  • Investissements : 5 000 € sur 5 ans
  • Salaire net : 25 000 €
  • Dividendes bruts : 15 000 €
  • TMI : 30%
  • ACRE : non
  • Versement libératoire : non

Résultat micro :

  • Cotisations : 15 900 € (21,2%)
  • CFP : 225 €
  • Impôt estimé : ~11 250 € (base imposable 37 500 €)
  • Net en poche : ~47 625 €

Résultat EURL :

  • Salaire net : 25 000 €
  • Dividendes nets : ~9 500 € (après IS, PFU, cotisations 10%)
  • TVA récupérable : 3 400 €
  • Net en poche : ~34 500 €

Résultat SASU :

  • Salaire net : 25 000 €
  • Dividendes nets : ~10 000 € (après IS et PFU, pas de cotisations)
  • TVA récupérable : 3 400 €
  • Net en poche : ~35 000 €

Analyse : La micro reste plus avantageuse car les charges réelles sont modérées. La société nécessite plus de charges pour compenser le poids des cotisations et de l'IS.

Quand passer en société

Point de bascule : charges réelles

La transition de micro-entrepreneur à société devient avantageuse lorsque vos charges professionnelles réelles représentent un pourcentage significatif de votre chiffre d'affaires :

Type d'activitéSeuil indicatif charges / CA
Vente de marchandises> 30-40%
Services BIC> 25-35%
Professions libérales BNC> 20-30%

Pourquoi ? En micro, l'abattement forfaitaire est censé couvrir vos charges, mais il ne tient pas compte de vos dépenses réelles. Si vos charges dépassent largement l'abattement (71%, 50% ou 34% selon l'activité), vous perdez de l'argent.

En société, toutes vos charges sont déductibles, ce qui réduit le bénéfice imposable et donc l'IS.

Dépassement des plafonds micro

Vous devez obligatoirement sortir du régime micro-entrepreneur si :

  • Votre CA dépasse 188 700 € (vente) ou 77 700 € (services) deux années consécutives
  • Votre CA dépasse 207 000 € (vente) ou 85 800 € (services) une seule année (seuil majoré)

Dans ces cas, anticiper le passage en société vous permet de choisir la structure la plus adaptée (EURL, SASU, SARL, SAS) et de bénéficier de la déduction des charges dès le début.

Récupération de TVA

Si votre CA dépasse les seuils de franchise de TVA (91 900 € vente, 36 800 € services en 2026), vous devez facturer la TVA à vos clients.

En passant en société, vous pouvez récupérer la TVA sur vos achats et investissements, ce qui améliore significativement votre trésorerie. Cette récupération peut représenter plusieurs milliers d'euros par an.

Crédibilité et développement

Au-delà des aspects financiers, la société offre :

  • Crédibilité accrue auprès des clients, partenaires, banques
  • Capacité à lever des fonds (capital, emprunt)
  • Possibilité d'embaucher des associés ou salariés plus facilement
  • Protection du patrimoine personnel (responsabilité limitée)
  • Stratégies d'optimisation fiscale (salaire/dividendes, IR/IS)

Si votre activité se développe et que vous visez une croissance forte, la société devient un passage obligé.

Différences EURL vs SASU

Les deux structures sont unipersonnelles (un seul associé) et peuvent être soumises à l'Impôt sur les Sociétés (IS). La principale différence réside dans le statut social du dirigeant.

EURL : Travailleur Non Salarié (TNS)

Avantages :

  • Cotisations sociales moins élevées (~45% du salaire net contre ~80% en SASU)
  • Cotisations calculées sur la rémunération réelle (pas de cotisations minimales si pas de rémunération)
  • Formalités de création et gestion simplifiées
  • Comptabilité moins complexe

Inconvénients :

  • Protection sociale moins bonne (retraite, chômage, prévoyance)
  • Pas d'assurance chômage
  • Dividendes soumis aux cotisations sociales au-delà de 10% du capital + primes + compte courant
  • Moins adapté pour lever des fonds (SARL peu attractive pour investisseurs)

Pour qui ?

  • Activités avec marges confortables et charges maîtrisées
  • Souhait de minimiser les cotisations pour maximiser le net en poche
  • Pas de besoin d'assurance chômage
  • Pas de projet de levée de fonds

SASU : Assimilé Salarié

Avantages :

  • Meilleure protection sociale (régime général, retraite identique aux salariés)
  • Assurance chômage possible (sous conditions, notamment si cumul avec contrat de travail externe)
  • Dividendes non soumis aux cotisations sociales (uniquement PFU : IR 12,8% + PS 18,6% en 2026)
  • Structure évolutive (passage en SAS multi-associés facile)
  • Image plus "corporate", attractive pour investisseurs

Inconvénients :

  • Cotisations sociales très élevées (~80% du salaire net)
  • Cotisations minimales même sans rémunération (environ 1000 €/an)
  • Formalités plus lourdes (AG annuelle, PV, etc.)
  • Comptabilité plus complexe

Pour qui ?

  • Activités avec distribution de dividendes importante (pas de cotisations dessus)
  • Souhait de protection sociale maximale
  • Projet de levée de fonds ou passage en SAS multi-associés
  • Volonté de cotiser pour le chômage (si cumul avec activité salariée)

Résumé comparatif

CritèreEURL (TNS)SASU (Assimilé salarié)
Cotisations sur salaire~45% du net~80% du net
Cotisations sur dividendes45% au-delà de 10% du capital0% (uniquement PFU)
Protection socialeMoyenneExcellente (régime général)
Assurance chômageNonOui (sous conditions)
Complexité administrativeSimpleMoyenne à élevée
ÉvolutivitéPassage en SARL possiblePassage en SAS facile

Impôt sur les Sociétés (IS) 2026

L'IS est l'impôt payé par la société sur son bénéfice (résultat comptable après déduction de toutes les charges, y compris votre rémunération de dirigeant).

Taux applicables 2026

Tranche de bénéficeTaux IS
0 à 42 500 € (PME)15%
Au-delà de 42 500 €25%

Conditions du taux réduit 15% (PME) :

  • Chiffre d'affaires HT < 10 millions d'euros
  • Capital entièrement libéré
  • Détenu à au moins 75% par des personnes physiques

La plupart des micro-structures unipersonnelles bénéficient du taux réduit sur la première tranche de 42 500 €.

Calcul de l'IS : exemple

Situation :

  • CA HT : 80 000 €
  • Charges déductibles (hors rémunération) : 20 000 €
  • Rémunération dirigeant (coût société) : 40 000 €

Calcul :

  • Bénéfice avant IS = 80 000 - 20 000 - 40 000 = 20 000 €
  • IS = 20 000 × 15% = 3 000 €
  • Bénéfice net (après IS) = 20 000 - 3 000 = 17 000 € (distribuable en dividendes)

IS vs IR (Impôt sur le Revenu)

Les sociétés unipersonnelles (EURL, SASU) peuvent choisir entre IS et IR (régime de transparence fiscale). En 2026, l'IS est généralement plus avantageux pour les raisons suivantes :

  • Taux fixe : 15% ou 25%, prévisible
  • Optimisation salaire/dividendes : vous choisissez ce que vous vous versez et quand
  • Bénéfices non distribués : taxés à 15-25%, puis réinvestis dans l'entreprise
  • Déduction des charges sociales : votre rémunération (y compris cotisations) est déductible

À l'IR, le bénéfice de la société est imposé dans votre foyer fiscal, selon votre TMI (jusqu'à 45%), même si vous ne vous le versez pas.

Règle des 10% EURL : dividendes et cotisations

En EURL (gérant majoritaire TNS), les dividendes sont soumis aux cotisations sociales au-delà d'un certain seuil, contrairement à la SASU.

Fonctionnement

Seuil d'exonération = 10% × (Capital social + Primes d'émission + Compte courant d'associé)

Dividendes ≤ seuil : uniquement PFU (IR 12,8% + PS 18,6% en 2026)

Dividendes > seuil : PFU + cotisations sociales TNS (~45%) sur la part excédentaire

Exemple

Capital social : 10 000 €
Primes d'émission : 5 000 €
Compte courant : 15 000 €
Total : 30 000 €

Seuil d'exonération = 10% × 30 000 = 3 000 €

Dividendes distribués : 12 000 €

Part ≤ 3 000 € :

  • PFU = 3 000 × (12,8% + 18,6%) = 3 000 × 31,4% = 942 €

Part > 3 000 € (9 000 €) :

  • Cotisations TNS = 9 000 × 45% = 4 050 €
  • PFU = 9 000 × 31,4% = 2 826 €
  • Total charges sur 9 000 € = 6 876 €

Total charges dividendes = 942 + 6 876 = 7 818 €
Net perçu = 12 000 - 7 818 = 4 182 €

Stratégie

Pour minimiser les cotisations en EURL, vous pouvez :

  1. Augmenter le capital social et/ou le compte courant d'associé pour relever le seuil des 10%
  2. Arbitrer salaire/dividendes : privilégier le salaire si les dividendes dépassent largement le seuil
  3. Comparer avec la SASU : si vous prévoyez de distribuer beaucoup de dividendes, la SASU peut être plus avantageuse (pas de cotisations sur dividendes)

PFU et fiscalité des dividendes 2026

Les dividendes versés par une société (EURL ou SASU) sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé "flat tax".

Composition du PFU 2026

Le PFU a été revu à la hausse en 2026 avec l'augmentation des prélèvements sociaux :

  • Impôt sur le revenu : 12,8%
  • Prélèvements sociaux : 18,6% (hausse LFSS 2026, contre 17,2% auparavant)
  • Total PFU : 31,4%

Calcul

Dividendes bruts : 10 000 €
PFU = 10 000 × 31,4% = 3 140 €
Dividendes nets = 10 000 - 3 140 = 6 860 €

Option pour le barème progressif

Vous pouvez renoncer au PFU et choisir l'imposition au barème progressif de l'IR (TMI 0%, 11%, 30%, 41%, 45%) + prélèvements sociaux (18,6%).

Avec le barème progressif, vous bénéficiez d'un abattement de 40% sur les dividendes avant application de votre TMI.

Exemple : 10 000 € de dividendes, TMI 30%

Option 1 – PFU :

  • Impôt = 10 000 × 31,4% = 3 140 €

Option 2 – Barème progressif :

  • Dividendes après abattement = 10 000 × 60% = 6 000 €
  • IR = 6 000 × 30% = 1 800 €
  • PS = 10 000 × 18,6% = 1 860 €
  • Total = 1 800 + 1 860 = 3 660 €

Dans cet exemple, le PFU est plus avantageux. Le barème progressif ne devient intéressant qu'avec un TMI de 0% ou 11%.

Conseil

Sauf TMI très faible (0-11%), optez pour le PFU : plus simple, plus avantageux dans la majorité des cas.

Stratégie de rémunération : salaire vs dividendes

En société, vous pouvez vous rémunérer de deux façons :

  1. Salaire (ou rémunération de gérant/président)
  2. Dividendes (distribution du bénéfice après IS)

L'arbitrage entre salaire et dividendes est stratégique et dépend de votre statut (TNS ou assimilé salarié) et de vos objectifs.

Salaire : avantages et inconvénients

Avantages :

  • Déductible du résultat : réduit le bénéfice imposable et donc l'IS
  • Cotisations sociales = droits sociaux : retraite, maladie, prévoyance
  • Revenu régulier et prévisible (mensuel)
  • Pas de limitation (sauf résultat insuffisant)

Inconvénients :

  • Cotisations sociales élevées : 45% (TNS) à 80% (assimilé salarié) du net
  • Imposé au barème progressif de l'IR selon votre TMI
  • Obligation de payer même en cas de trésorerie serrée (salaire = dette de la société)

Dividendes : avantages et inconvénients

Avantages :

  • PFU fixe : 31,4% (généralement plus avantageux que IR + cotisations sur salaire élevé)
  • Flexibilité : vous choisissez le montant et le moment de distribution
  • Pas de cotisations sociales en SASU (seulement PFU)
  • Réserve de trésorerie dans la société (bénéfices non distribués)

Inconvénients :

  • Non déductibles : les dividendes sont distribués après IS (le bénéfice a déjà été taxé à 15-25%)
  • Pas de droits sociaux : ne cotisent pas pour la retraite ni la protection sociale
  • Règle des 10% en EURL : cotisations TNS au-delà du seuil
  • Limités au bénéfice net disponible (après IS)

Stratégie optimale

EURL (TNS) :

  • Privilégier le salaire si vous avez besoin de cotiser pour la retraite et la protection sociale
  • Limiter les dividendes au seuil des 10% pour éviter les cotisations supplémentaires
  • Si bénéfice élevé et capital faible, augmenter le capital pour relever le seuil

SASU (assimilé salarié) :

  • Équilibrer salaire et dividendes : salaire suffisant pour valider vos trimestres de retraite (environ 6 600 € bruts par trimestre en 2026, soit ~26 400 € bruts/an pour 4 trimestres)
  • Privilégier les dividendes au-delà du seuil retraite : pas de cotisations, PFU à 31,4%
  • Salaire minimal si vous souhaitez réduire les cotisations (~80% du net)

Exemple SASU :

  • Salaire brut : 30 000 € (coût société ~54 000 €, net ~23 400 €)
  • Dividendes bruts : 20 000 € (net ~13 720 €)
  • Net total en poche : ~37 120 €
  • Cotise pour la retraite (4 trimestres validés) et la protection sociale
  • Dividendes taxés à 31,4% seulement (pas de cotisations)

Cas d'usage

1. Valider la sortie du régime micro

Vous approchez des plafonds micro (188 700 € vente, 77 700 € services) ou les avez déjà dépassés. Utilisez le simulateur pour :

  • Comparer votre situation actuelle avec EURL et SASU
  • Identifier quel statut maximise votre revenu net
  • Anticiper les formalités de création de société

2. Tester l'impact de charges réelles croissantes

Votre activité se développe et vos charges augmentent (sous-traitance, publicité, logiciels, matériel). En micro, vous ne pouvez pas les déduire (abattement forfaitaire uniquement). Simulez le passage en société pour mesurer le gain fiscal lié à la déduction des charges.

3. Optimiser salaire et dividendes

Vous êtes déjà en société ou envisagez de le devenir. Testez plusieurs stratégies de rémunération :

  • 100% salaire
  • 50% salaire / 50% dividendes
  • Salaire minimal (retraite) + dividendes maximum

Identifiez la répartition qui maximise votre net en poche selon votre statut (TNS ou assimilé salarié).

4. Comparer EURL et SASU

Vous hésitez entre EURL et SASU. Le simulateur vous montre précisément :

  • La différence de cotisations sociales
  • L'impact de la règle des 10% (EURL)
  • Le revenu net en poche dans chaque structure
  • La TVA récupérable (identique)

5. Anticiper la fin de l'ACRE

Vous êtes en micro avec ACRE (cotisations réduites de 50% pendant 12 mois). Dans quelques mois, vous perdrez l'avantage. Simulez votre situation :

  • Avec ACRE (situation actuelle)
  • Sans ACRE (après 12 mois)
  • En EURL ou SASU (alternative)

Préparez votre décision : rester en micro sans ACRE ou passer en société ?

6. Évaluer la récupération de TVA

Votre CA dépasse les seuils de franchise de TVA. Vous devez désormais facturer la TVA. En société, vous récupérez la TVA sur vos achats et investissements, ce qui améliore votre trésorerie. Le simulateur calcule le montant de TVA récupérable selon vos dépenses.

Limites de ce simulateur

Simulation indicative

Les taux et seuils utilisés sont ceux en vigueur au 1er janvier 2026 selon la réglementation actuelle. Ils peuvent évoluer en cours d'année (loi de finances, décrets).

Modélisation simplifiée des cotisations

Les cotisations TNS et assimilé salarié sont calculées avec des taux globaux moyens (45% pour TNS, 22% salarial + 42% patronal pour SASU). En réalité, ces taux varient selon les tranches de revenus et les régimes spécifiques (CIPAV, SSI, URSSAF).

Pour un calcul au centime près, consultez un expert-comptable ou utilisez les simulateurs officiels de l'URSSAF.

Règle des 10% EURL

Le simulateur applique la règle des 10% de manière stricte : dividendes au-delà du seuil = cotisations TNS à ~45%. En réalité, il existe des subtilités :

  • Conditions d'application (gérant majoritaire, parts détenues, etc.)
  • Calcul précis du seuil (capital libéré uniquement)
  • Cotisations progressives selon les tranches

Impôt sur le revenu (IR)

En mode barème progressif (sans versement libératoire en micro), le simulateur estime l'impôt en appliquant votre TMI à la base imposable. Cela donne une approximation :

  • L'IR réel dépend de votre quotient familial, de vos autres revenus, de vos réductions d'impôt
  • Le simulateur ne calcule pas l'IR au centime près
  • Utilisez le simulateur officiel des impôts pour une estimation précise : impots.gouv.fr

Charges non incluses

Le simulateur ne prend pas en compte :

  • CFE (Contribution Foncière des Entreprises) : impôt local variable selon la commune (société et micro)
  • Assurances professionnelles (RC Pro, décennale, etc.)
  • Mutuelle et prévoyance complémentaires
  • Frais bancaires (compte pro)
  • Honoraires comptables (expert-comptable en société : 800 à 3000 €/an selon la structure)

Cas particuliers non couverts

  • EURL/SASU à l'IR (régime de transparence fiscale)
  • Professions libérales BNC relevant de la CIPAV (taux de cotisations spécifiques)
  • Activités partiellement exonérées (ZFU, DOM, JEI, etc.)
  • Cumul micro + société (gérant salarié par ailleurs)
  • Distribution de dividendes sans mise en paiement (bénéfices gardés en réserve)

Ne remplace pas un conseil professionnel

Ce simulateur est un outil d'aide à la décision. Pour toute question précise sur votre situation, consultez :

  • Un expert-comptable (optimisation fiscale, choix de structure)
  • L'URSSAF (cotisations sociales, statut TNS/assimilé salarié)
  • Un avocat fiscaliste (montages complexes, levée de fonds)

Bonnes pratiques

1. Anticipez votre sortie du régime micro

Si vous approchez des plafonds ou si vos charges augmentent, préparez la transition plusieurs mois à l'avance :

  • Choisissez votre structure (EURL, SASU, SARL, SAS)
  • Trouvez un expert-comptable
  • Préparez les fonds nécessaires (capital social, frais de création, 1ères charges)
  • Clôturez votre micro-entreprise au bon moment (fin d'année civile pour éviter double déclaration)

2. Testez plusieurs scénarios de rémunération

Ne vous contentez pas d'un seul calcul. Testez plusieurs hypothèses :

  • Différents objectifs de net en poche
  • Différentes répartitions salaire/dividendes
  • Avec ou sans investissements
  • Impact de l'augmentation du capital social (EURL, règle des 10%)

Identifiez la stratégie la plus avantageuse pour votre situation.

3. Intégrez les charges non modélisées

Ajoutez mentalement aux résultats du simulateur :

  • CFE : 500 à 2000 €/an selon la commune
  • Expert-comptable : 800 à 3000 €/an selon la structure
  • Assurances : 300 à 2000 €/an selon l'activité
  • Mutuelle : 500 à 1500 €/an

Cela vous donnera une vision réaliste du coût global de la société.

4. Comparez sur le long terme

La micro peut être avantageuse temporairement (notamment avec ACRE), mais la société devient souvent plus intéressante sur le long terme si :

  • Votre CA augmente
  • Vos charges réelles augmentent
  • Vous investissez régulièrement
  • Vous dépassez les seuils de TVA

Simulez votre situation dans 1 an, 2 ans, 5 ans pour anticiper le bon moment de transition.

5. Consultez un expert-comptable

Le simulateur vous donne une première idée précise, mais un expert-comptable vous apportera :

  • Un calcul au centime près
  • Des conseils personnalisés selon votre activité
  • Une optimisation fiscale et sociale sur mesure
  • Un accompagnement pour la création de société et les démarches

Ne passez pas en société sans conseil professionnel, surtout si les montants en jeu sont élevés.

6. Réévaluez régulièrement

Votre situation évolue : CA, charges, situation familiale, TMI, réglementation. Réévaluez votre statut tous les ans :

  • En fin d'année civile (avant déclaration fiscale)
  • Si votre CA augmente significativement
  • Si vos charges évoluent fortement
  • Si la réglementation change (PLF, LFSS)

Le statut optimal aujourd'hui ne le sera peut-être plus dans 2 ans.

Quand faut-il passer de micro-entrepreneur à une société ?

Il est temps de passer en société lorsque :

  1. Vos charges réelles dépassent 25-40% de votre CA : l'abattement forfaitaire micro ne couvre plus vos dépenses réelles, et la déduction des charges en société devient plus avantageuse
  2. Vous approchez ou dépassez les plafonds micro : 188 700 € (vente) ou 77 700 € (services)
  3. Vous dépassez les seuils de TVA : la récupération de TVA en société améliore votre trésorerie
  4. Votre revenu net stagne malgré l'augmentation de votre CA : signe que les cotisations micro pèsent trop lourd
  5. Vous souhaitez vous protéger (responsabilité limitée) ou lever des fonds

Utilisez le simulateur pour quantifier le gain potentiel avant de prendre votre décision. Si le passage en société vous rapporte plusieurs milliers d'euros par an, la transition est justifiée.

EURL ou SASU : quel statut choisir ?

Le choix dépend de vos priorités :

Choisissez l'EURL (TNS) si :

  • Vous voulez minimiser les cotisations sociales (~45% du salaire net contre ~80% en SASU)
  • Vous prévoyez une rémunération principalement en salaire (plutôt qu'en dividendes)
  • Vous acceptez une protection sociale moyenne (pas d'assurance chômage)
  • Vous privilégiez la simplicité administrative

Choisissez la SASU (assimilé salarié) si :

  • Vous prévoyez une distribution importante de dividendes (pas de cotisations dessus, contrairement à l'EURL au-delà de 10%)
  • Vous souhaitez une protection sociale maximale (régime général, retraite identique aux salariés)
  • Vous voulez cotiser pour le chômage (sous conditions)
  • Vous envisagez une levée de fonds ou un passage en SAS multi-associés

En règle générale : EURL pour activités de services à faibles charges, SASU pour e-commerce ou activités à marges fortes avec dividendes.

Comment fonctionne la règle des 10% en EURL ?

En EURL, le gérant majoritaire (TNS) voit ses dividendes soumis aux cotisations sociales au-delà d'un certain seuil :

Seuil d'exonération = 10% × (Capital social + Primes d'émission + Compte courant d'associé)

Exemple :

  • Capital social : 10 000 €
  • Compte courant : 20 000 €
  • Total : 30 000 €
  • Seuil : 10% × 30 000 = 3 000 €

Dividendes distribués : 15 000 €

  • Première tranche (0 à 3 000 €) : PFU uniquement (31,4%) = 942 €
  • Tranche au-delà (12 000 €) : PFU (31,4%) + cotisations TNS (~45%) = 76,4% de prélèvements !

Stratégie : pour limiter les cotisations, vous pouvez augmenter le capital social ou le compte courant d'associé pour relever le seuil des 10%. Sinon, privilégiez le salaire ou comparez avec la SASU (pas de cotisations sur dividendes).

Quel est le coût réel d'une société par rapport à la micro-entreprise ?

Les coûts supplémentaires d'une société (EURL/SASU) par rapport à la micro sont :

Coûts de création (une fois) :

  • Formalités création : 150 à 500 € (greffe, annonce légale)
  • Honoraires conseil : 0 à 1000 € selon accompagnement

Coûts annuels récurrents :

  • Expert-comptable : 800 à 3000 €/an (selon structure et complexité)
  • CFE : 200 à 2000 €/an (identique en micro après 1ère année)
  • Compte bancaire professionnel : 120 à 360 €/an (idem en micro si CA > 10k€)
  • Assurances : 300 à 2000 €/an (selon activité, souvent obligatoires aussi en micro)

Total annuel supplémentaire : environ 1000 à 4000 €/an par rapport à la micro.

Mais : la société permet de déduire toutes ces charges du résultat imposable, contrairement à la micro. De plus, si le simulateur montre un gain net de 5000 à 10 000 € ou plus par an, la société reste largement bénéficiaire même en intégrant ces coûts.

Peut-on cumuler micro-entreprise et société ?

Oui, il est légalement possible de cumuler une micro-entreprise et une société (EURL, SASU, SARL, SAS), sous certaines conditions :

  1. Activités distinctes : les deux structures doivent exercer des activités différentes (ou sur des marchés différents) pour éviter les conflits et la concurrence déloyale
  2. Gestion du temps : vous devez pouvoir assumer les deux activités sans conflit d'intérêts
  3. Respect des plafonds micro : le CA de votre micro doit rester sous les seuils (188 700 € vente, 77 700 € services)

Cas d'usage :

  • Tester une nouvelle activité en micro avant de l'intégrer dans la société
  • Activité principale en société (ex: prestations BtoB) + activité secondaire en micro (ex: vente de formations en ligne)
  • Transition progressive : maintenir la micro quelques mois pendant la création et le lancement de la société

Attention : cumuler les deux implique :

  • Double déclaration fiscale (micro + société)
  • Double cotisation sociale (micro + société)
  • Comptabilité complexe (risque de confusion entre les deux activités)
  • Coût et charge administrative doublés

En pratique, le cumul est temporaire (phase de transition) ou réservé à des cas très spécifiques. La plupart des entrepreneurs ferment leur micro en passant en société.

Que faire si mes charges réelles sont faibles ?

Si vos charges professionnelles réelles représentent moins de 15-20% de votre CA, la micro-entreprise reste souvent plus avantageuse que la société, car :

  1. Abattement forfaitaire micro (71%, 50% ou 34% selon l'activité) couvre largement vos charges réelles
  2. Pas de frais d'expert-comptable ni de comptabilité complexe
  3. Formalités simplifiées (déclaration mensuelle ou trimestrielle uniquement)
  4. Cotisations proportionnelles au CA (pas de cotisations minimales)

Dans ce cas :

  • Restez en micro tant que vous ne dépassez pas les plafonds (188 700 € ou 77 700 €)
  • Profitez de la simplicité et de la flexibilité du régime
  • Provisionnez 20 à 30% de vos encaissements pour payer vos charges
  • Réévaluez chaque année : si votre CA ou vos charges augmentent, la société peut devenir intéressante

Exception : si vous avez besoin de crédibilité (clients grands comptes, levée de fonds, appels d'offres), la société peut se justifier même avec des charges faibles, pour des raisons stratégiques plutôt que fiscales.

Comment calculer mon objectif de rémunération en société ?

Pour définir votre objectif de net en poche en société, partez de votre revenu actuel ou souhaité et travaillez à rebours :

Étape 1 : Définir vos besoins

  • Revenu net mensuel souhaité (ex: 3000 €/mois)
  • × 12 mois = 36 000 € net annuel

Étape 2 : Ajouter les charges non incluses

  • Expert-comptable : 1500 €/an
  • Mutuelle : 1000 €/an
  • CFE : 800 €/an
  • Total charges : 3300 €/an
  • Objectif ajusté : 36 000 + 3300 = 39 300 €

Étape 3 : Utiliser le simulateur

  • Saisissez 39 300 € comme "Objectif net en poche"
  • Le simulateur calcule automatiquement la répartition salaire/dividendes nécessaire dans chaque structure

Étape 4 : Vérifier la faisabilité

  • Comparez le revenu net obtenu avec votre CA et vos charges
  • Si le résultat est proche de votre objectif, la société est viable
  • Si l'écart est important, ajustez votre CA prévisionnel ou vos charges

Conseil : visez un ratio Net en poche / CA d'au moins 40-50% en société pour que le projet soit rentable et pérenne.

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